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I ?

42c

vendredi 4 octobre 2013, par Guillaume Vissac

Tu as rêvé quelque part. Des gants blancs anonymes
jonglaient avec des barres de combustible vraiment
très radioactives. Ça larsen dans ta tête. Tu veux
te tenir la mâchoire. Tu as les mains pleines. Les
barres de combustible vraiment très radioactives :
où faut-il les mettre ? Tu te réveilles en sursaut
& ça larsen dans ta tête. Ton voisin de chambre se
masturbe en écoutant au casque Metal Machine Music
(mais le son passe à travers le casque). Il doit y
avoir sur ses yeux des clips pornographiques venus
de l’est. Il est de dos, tu ne vois pas ses yeux :
tu ne vois que son ombre en train de sursauter son
ombre. Il est assis, jambes écartées, la chaise ne
possède ni assise ni dossier. Les cuisses mises là
où sont soudées les barres de fer qui font le tour
de la chaise sont bardées de lignes rouges à force
d’y avoir été pressées. Il ne t’entend pas dresser
le corps hors de ton lit & ouvrir grand les stores
& c’est la lumière grise qui le tire de sa branle.
Il te regarde. Il a des filles tentaculaires, nues
& huileuses, dans la pupille au centre. Son nom se
prononce avec la langue au bord des lèvres. Louis.
Il tient à ce qu’on prononce le S comme les TH des
langues anglaises. Il est turque ou kosovar. C’est
probablement un alias. Il continue sa branle. Il a
les doigts fil de fer. Sa queue est large en base.
Tu dis, il reste de l’eau chaude ? Avec son casque
sur le crâne Louis ne t’entend pas. Tu dis, EST-CE
QU’IL RESTE DE L’EAU CHAUDE ? Il dit, c’est chaud,
ouais. Inutile. Ça ne sert à rien. Tu te retournes
& tu t’enfermes (sans le verrou) dans les quelques
2m³ de salle de bains qu’ils t’allouent. Tu penses
à la liste exhaustive des animaux acceptés sur les
listes dites de personnes non-humaines dont on t’a
parlée en classe. Tu te les remémores dans l’ordre
pour passer le temps & chasser de sous tes yeux la
tache d’essence qui s’y est figée pendant la nuit.

— 

Tu quittes la chambre 8000K. Louis est plongé dans
un coma postcoïtal. Allongé il fixe au plafond les
odeurs de son foutre & de sa sueur. La porte s’est
refermée derrière toi. Dans le couloir la moquette
bleue accroche sous tes semelles. La vue depuis la
baie vitrée plonge dans l’espace sur la ville gris
de crasse ou de la pollution persistante
. Quelques
500 personnes sont tassées dans l’ascenseur contre
toi. Tu es seul. Tu descends à l’étage théorique :
Wim t’attrape le poignet puis le coude & te plante
dans la bouche une pastille d’histamine. Chacun de
tes mille milliards de cm² de peau se hérisse & te
brûle & te crisse en même temps comme la craie sur
de l’ongle. Wim te colle sa paume sur la bouche de
peur que tu vomisses. Attends attends & attends un
peu, il dit. Puis il te presse contre le mur où tu
t’effondres sur toi-même comme la bourse froide de
tes couilles en hiver sans chauffage. Il dit, plus
que 2 ou 3 secondes avant que ça fasse effet... Ça
fonctionne : en 2 ou 3 secondes la peau chute, les
poils & les cheveux se reforment & les bons effets
secondaires apparaissent. Les pupilles se dilatent
& les membres s’allongent. Putain, tu fais. Wim se
marre. Putain, tu lâches. Tu te redresses, le long
du mur heurté, comme ces mimes dans leur cabine en
verre. Wim te pousse à l’épaule. Allez, il te dit.
Bouge-toi. On va se foutre au fond. L’amphi B 4114
il est plein. Vous vous asseyez par terre sans mot
dire, derrière les sièges recouverts. Un cacochyme
à la voix blanche apparaît sur un écran immatériel
flottant. Tu prends des notes avec des blancs dans
la rétine le long de ses paroles en pain d’épices.


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{Révisions}

3 révisions

I ? , version 4 (6 juillet 2014)

Tu as rêvé quelque part. Des gants blancs anonymes
jonglaient avec des barres de combustible vraiment
très radioactives. Ça larsen dans ta tête. Tu veux
te tenir la mâchoire. Tu as les mains pleines. Les
barres de combustible vraiment très radioactives :
où faut-il les mettre ? Tu te réveilles en sursaut
& ça larsen dans ta tête. Ton voisin de chambre se
masturbe en écoutant au casque Metal Machine Music
(mais le son passe à travers le casque). Il doit y
avoir sur ses yeux des clips pornographiques venus
de l’est. Il est de dos, tu ne vois pas ses yeux :
tu ne vois que son ombre en train de sursauter son
ombre. Il est assis, jambes écartées, la chaise ne
possède ni assise ni dossier. Les cuisses mises là
où sont soudées les barres de fer qui font le tour
de la chaise sont bardées de lignes rouges à force
d’y avoir été pressées. Il ne t’entend pas dresser
le corps hors de ton lit & ouvrir grand les stores
& c’est la lumière grise qui le tire de sa branle.
Il te regarde. Il a des filles tentaculaires, nues
& huileuses, dans la pupille au centre. Son nom se
prononce avec la langue au bord des lèvres. Louis.
Il tient à ce qu’on prononce le S comme les TH des
langues anglaises. Il est turque ou kosovar. C’est
probablement un alias. Il continue sa branle. Il a
les doigts fil de fer. Sa queue est large en base.
Tu dis , il Il reste de l’eau l’eau chaude ? Avec son le casque
sur le crâne , Louis ne t’entend t’entend pas. Tu dis , EST-CE
QU’IL QU’IL RESTE DE L’EAU L’EAU CHAUDE ? Il dit , c’est C’est chaud,
ouais. Inutile. Ça Inutile , ça
ne sert à rien. Tu te retournes
&
tu t’enfermes ( t’enfermes sans le verrou) dans les quelques
2m³ de salle de bains qu’ils t’allouent. Tu penses
à la liste exhaustive des animaux acceptés sur les
listes dites de personnes non-humaines non humaines dont on t’a
parlée en classe. Tu te les remémores dans l’ordre
pour passer le temps & chasser de sous tes yeux la
tache d’essence qui s’y est figée pendant la nuit.

— 

Tu quittes la chambre 8000K. Louis est plongé dans
un coma postcoïtalcertain . Allongé il Il fixe au plafond les
odeurs de son foutre & de sa sueur. La porte s’est
refermée derrière toi. Dans le couloir la moquette
bleue accroche sous tes semelles. La vue depuis la
baie vitrée plonge dans l’espace sur la ville gris
de crasse ou de la pollution persistante
. Quelques
500 personnes sont tassées dans l’ascenseur contre
toi. Tu es seul. Tu descends à l’étage théorique :
Wim t’attrape le poignet puis le coude & te plante
dans la bouche une pastille d’histamine. Chacun de
tes mille milliards de cm² de peau se hérisse & te
brûle & te crisse en même temps comme la craie sur
de l’ongle. Wim te colle sa paume sur la bouche de
peur que tu vomisses. Attends attends & attends un
peu, il dit. Puis il te presse contre le mur où tu
t’effondres sur toi-même comme la bourse froide de
tes couilles en hiver sans chauffage. Il dit , plus
Plus que 2 ou 3 secondes avant que ça fasse effet... . C’est vrai
ce qu’il te dit.
Ça
fonctionne  : en En 2 ou 3 secondes la peau chute, les
poils & les cheveux se reforment & retombent , les bons effets
secondaires apparaissent . viennent ... Les pupilles se dilatent
& les membres s’allongent. Putain, tu fais. Wim se
marre. Putain, tu lâches. — Putain, tu fais. Tu te redresses, le long
du mur heurté balancé , comme ces mimes dans leur cabine en
verre. Wim te pousse à avec l’épaule. Allez, il te dit.
Bouge-toi. On va se foutre au fond. L’amphi B 4114
il 414 est plein. Vous vous asseyez par terre sans un
mot
dire , derrière les sièges recouverts pris . Un cacochyme
vieux bonhomme à la voix blanche apparaît sur un écran immatériel
polyphonique
flottant. Tu prends des notes avec des blancs dans
la rétine le long de ses paroles en pain d’épices.

I ? , version 3 (4 mai 2014)

Tu as rêvé quelque part. Des gants blancs anonymes
jonglaient avec des barres de combustible vraiment
très radioactives. Ça larsen dans ta tête. Tu veux
te tenir la mâchoire. Tu as les mains pleines. Les
barres de combustible vraiment très radioactives :
où faut-il les mettre ? Tu te réveilles en sursaut
& ça larsen dans ta tête. Ton voisin de chambre se
masturbe en écoutant au casque Metal Machine Music
(mais le son passe à travers le casque). Il doit y
avoir sur ses yeux des clips pornographiques venus
de l’est. Il est de dos, tu ne vois pas ses yeux :
tu ne vois que son ombre en train de sursauter son
ombre. Il est assis, jambes écartées, la chaise ne
possède ni assise ni dossier. Les cuisses mises là
où sont soudées les barres de fer qui font le tour
de la chaise sont bardées de lignes rouges à force
d’y avoir été pressées. Il ne t’entend pas dresser
le corps hors de ton lit & ouvrir grand les stores
& c’est la lumière grise qui le tire de sa branle.
Il te regarde. Il a des filles tentaculaires, nues
& huileuses, dans la pupille au centre. Son nom se
prononce avec la langue au bord des lèvres. Louis.
Il tient à ce qu’on prononce le S comme les TH des
langues anglaises. Il est turque ou kosovar. C’est
probablement un alias. Il continue sa branle. Il a
les doigts fil de fer. Sa queue est large en base.
— Il reste de l’eau chaude ? Avec le casque sur le
crâne, Louis ne t’entend pas. — EST-CE QU’IL RESTE
DE L’EAU CHAUDE ? — C’est chaud ouais. Inutile, ça
ne sert à rien. Tu t’enfermes sans verrou dans les
2m³ de salle de bains qu’ils t’allouent. Tu penses
à la liste exhaustive des animaux acceptés sur les
listes dites de personnes non humaines dont on t’a
parlée en classe. Tu te les remémores dans l’ordre
pour passer le temps & chasser de sous tes yeux la
tache d’essence qui s’y est figée pendant la nuit.

— 

Tu quittes la chambre 8000K. Louis est plongé dans
un coma postcoïtal certain. Il fixe au plafond les
odeurs de son foutre & de sa sueur. La porte s’est
refermée derrière toi. Dans le couloir la moquette
bleue accroche sous tes semelles. La vue depuis la
baie vitrée plonge [* dans l’espace sur la ville gris
de crasse ou de la pollution persistante. . Quelques
500 personnes sont tassées dans l’ascenseur contre
toi. Tu es seul. Tu descends à l’étage théorique :
Wim t’attrape le poignet puis le coude & te plante
dans la bouche une pastille d’histamine. Chacun de
tes mille milliards de cm² de peau se hérisse & te
brûle & te crisse en même temps comme la craie sur
de l’ongle. Wim te colle sa paume sur la bouche de
peur que tu vomisses. — Attends attends attends un
peu, il dit. Puis il te presse contre le mur où tu
t’effondres sur toi-même comme la bourse froide de
tes couilles en hiver sans chauffage. — Plus que 2
ou 3 secondes avant que ça fasse effet. C’est vrai
ce qu’il te dit. En 2 ou 3 secondes la peau chute,
les poils & les cheveux retombent, les bons effets
secondaires viennent ... frémissent . Les pupilles se dilatent &
les membres s’allongent. — Putain, tu fais. Wim se
marre. — Putain, tu fais. Tu te redresses, le long
du mur balancé plaqué , comme ces mimes un mime fou dans leur sa cabine en
verre. Wim te pousse avec l’épaule. — Allez, il te
dit. Bouge-toi. On va se foutre au fond. L’amphi B
414 est plein. Vous vous asseyez par terre sans un
mot, derrière les sièges pris. Un vieux bonhomme à
la voix blanche apparaît sur un écran polyphonique
flottant. Tu prends des notes avec des blancs dans
la rétine le long de ses paroles en pain d’épices.

bof

I ? , version 2 (4 mai 2014)

Tu as rêvé quelque part. Des gants blancs anonymes
jonglaient avec des barres de combustible vraiment
très radioactives. Ça larsen dans ta tête. Tu veux
te tenir la mâchoire. Tu as les mains pleines. Les
barres de combustible vraiment très radioactives :
où faut-il les mettre ? Tu te réveilles en sursaut
& ça larsen dans ta tête. Ton voisin de chambre se
masturbe en écoutant au casque Metal Machine Music
(mais le son passe à travers le casque). Il doit y
avoir sur ses yeux des clips pornographiques venus
de l’est. Il est de dos, tu ne vois pas ses yeux :
tu ne vois que son ombre en train de sursauter son
ombre. Il est assis, jambes écartées, la chaise ne
possède ni assise ni dossier. Les cuisses mises là
où sont soudées les barres de fer qui font le tour
de la chaise sont bardées de lignes rouges à force
d’y avoir été pressées. Il ne t’entend pas dresser
le corps hors de ton lit & ouvrir grand les stores
& c’est la lumière grise qui le tire de sa branle.
Il te regarde. Il a des filles tentaculaires, nues
& huileuses, dans la pupille au centre. Son nom se
prononce avec la langue au bord des lèvres. Louis.
Il tient à ce qu’on prononce le S comme les TH des
langues anglaises. Il est turque ou kosovar. C’est
probablement un alias. Il continue sa branle. Il a
les doigts fil de fer. Sa queue est large en base.
Il reste de l’eau chaude ? Avec le casque sur le
crâne, Louis ne t’entend pas. — EST-CE QU’IL RESTE
DE L’EAU CHAUDE ? — C’est chaud ouais. Inutile, ça
ne sert à rien. Tu t’enfermes sans verrou dans les
2m³ de salle de bains qu’ils t’allouent. Tu penses
à la liste exhaustive des animaux acceptés sur les
listes dites de personnes non humaines dont on t’a
parlée en classe. Tu te les remémores dans l’ordre
pour passer le temps & chasser de sous tes yeux la
tache d’essence qui s’y est figée pendant la nuit.

Tu quittes la chambre 8000K. Louis est plongé dans
un coma postcoïtal certain. Il fixe au plafond les
odeurs de son foutre & de sa sueur. La porte s’est
refermée derrière toi. Dans le couloir la moquette
bleue accroche sous tes semelles. La vue depuis la
baie vitrée plonge dans l’espace sur la ville gris
de crasse ou de la pollution persistante. Quelques
500 personnes sont tassées dans l’ascenseur contre
toi. Tu es seul. Tu descends à l’étage théorique :
Wim t’attrape le poignet puis le coude & te plante
dans la bouche une pastille d’histamine. Chacun de
tes mille milliards de cm² de peau se hérisse & te
brûle & te crisse en même temps comme la craie sur
de l’ongle. Wim te colle sa paume sur la bouche de
peur que tu vomisses. — Attends attends attends un
peu, il dit. Puis il te presse contre le mur où tu
t’effondres sur toi-même comme la bourse froide de
tes couilles en hiver sans chauffage. — Plus que 2
ou 3 secondes avant que ça fasse effet. C’est vrai
ce qu’il te dit. En 2 ou 3 secondes la peau chute,
les poils & les cheveux retombent, les bons effets
secondaires frémissent. Les pupilles se dilatent &
les membres s’allongent. — Putain, tu fais. Wim se
marre. — Putain, tu fais. Tu te redresses, le long
du mur plaqué, comme un mime fou dans sa cabine en
verre. Wim te pousse avec l’épaule. — Allez, il te
dit. Bouge-toi. On va se foutre au fond. L’amphi B
414 est plein. Vous vous asseyez par terre sans un
mot, derrière les sièges pris. Un vieux bonhomme à
la voix blanche apparaît sur un écran polyphonique
flottant. Tu prends des notes avec des blancs dans
la rétine le long de ses paroles en pain d’épices.

Réveil à l’internat de médecine. Branle de Louis. Histamine de Wim. Un cours en amphi.

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Réveil à l’internat de médecine. Branle de Louis. Histamine de Wim. Un cours en amphi.


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Notes


bof

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