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M155

44C

lundi 2 mars 2015, par Guillaume Vissac

Par exemple, on raconte comment, un jour, on
avait pendu une femme enceinte, les pieds au
plafond, pour que l’enfant qu’elle charriait
à l’intérieur, qui se présentait mal, puisse
bien se retourner dans le bon sens. Ou aussi
comment une fameuse excentrique de Korobovo,
ayant entendu dire que les médecin perçaient
un trou à la poche de ses eaux, avait taillé
en pièce le crâne d’un bébé avec un couteau.
Même avec quelqu’un d’aussi calé que Liponti
(la voix de celui ou celle qui parle, dur de
savoir qui quand on baisse les paupières, au
travers des reflets du marasme qui remuent &
qui pèsent aux fenêtres, a l’odeur enfermée)
le gamin était impossible à sauver... Pareil
pour la mère, d’ailleurs. C’était trop plein
de sang noir & d’eau blanche (on aurait dit,
dira quelque voix caillouteuse peu après, un
amas de sacs en plastique ou bien une méduse
à la chair emmêlée ou bien phosphorescente).


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M155 , version 3 (2 mars 2015)

Récits d’obstétriques affligeants & anecdotes glaciales sur fond de comment, comment, comment...

Comment, un jour, on avait pendu une femme enceinte les pieds au plafond, pour que l’enfant qu’elle portait, qui se présentait mal, se retournât dans le bon sens. Comment une rebouteuse de Korobovo, ayant entendu dire que les médecins pratiquaient un trou dans la poche des eaux, avait tailladé le crâne d’un bébé avec un couteau de cuisine, en sorte que même un homme aussi fameux et adroit que Liponti n’avait pu le sauver, et encore était-ce un miracle qu’il eût sauvé la mère. Comment...

Par exemple, on raconte comment, un jour, on
avait pendu une femme enceinte, les pieds au
plafond, pour que l’enfant qu’elle charriait
à l’intérieur, qui se présentait mal, puisse
bien se retourner dans le bon sens. Ou aussi
comment une fameuse excentrique de Korobovo,
ayant entendu dire que les médecin perçaient
un trou à dans la poche de ses des eaux, avait taillé
en pièce le crâne d’un bébé avec un couteau.
Même avec quelqu’un d’aussi calé que Liponti
(la voix de celui ou celle qui parle, dur de
savoir qui quand on baisse les paupières, au
travers des reflets du marasme qui remuent &
qui pèsent aux fenêtres, a l’odeur enfermée)
le gamin était impossible à sauver... Pareil
pour la mère, d’ailleurs. C’était trop plein
de sang noir & d’eau blanche (on aurait dit,
dira quelque voix caillouteuse peu après, un
amas de sacs en plastique ou bien une méduse
à la chair emmêlée ou bien phosphorescente).

M155 , version 2 (2 mars 2015)

Cf. Récits d’un jeune médecin, « Les ténèbres d’Egypte » (Livre de Poche), P. 65-66 65 .

Par exemple, on raconte comment, un jour, on
avait pendu une femme enceinte, les pieds au
plafond, pour que l’enfant qu’elle charriait
à l’intérieur, qui se présentait mal, puisse
bien se retourner dans le bon sens. Ou aussi
comment une fameuse excentrique de Korobovo,
ayant entendu dire que les médecin perçaient
un trou dans la poche des eaux, avait taillé
en pièce le crâne d’un bébé avec un couteau.
Même avec quelqu’un d’aussi calé que Liponti
(la voix de celui ou celle qui parle, dur de
savoir qui quand on baisse les paupières, au
travers des reflets du marasme qui remuent &
qui pèsent aux fenêtres, a l’odeur enfermée)
le gamin était impossible à sauver... Pareil
pour la mère, d’ailleurs. C’était trop plein
de sang noir & d’eau blanche (on aurait dit,
dira quelque voix caillouteuse peu après, un
amas de sacs en plastique ou bien une méduse
à la chair emmêlée ou bien phosphorescente).

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Récits d’obstétriques affligeants & anecdotes glaciales sur fond de comment, comment, comment...


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Notes


Cf. Récits d’un jeune médecin, « Les ténèbres d’Egypte » (Livre de Poche), P. 65-66.

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