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M159

44C

vendredi 6 mars 2015, par Guillaume Vissac

L’homme est serein. C’est un bon patient. Il
a confiance en l’autre ou en son geste. Il a
foi en la science, parle un langage propre &
construit. Ses mots ont la forme & le goût &
l’ampleur de la parole posée, de la chaleur.
Tu lui donnes un verdit à voix haute. Tu lui
dis le mot malaria. Il n’y a pas de rage, de
peur, d’angoisse propre dans son regard. Ses
paupières sont gonflées, ses jambes lourdes.
Tu dis, j’aimerais vous hospitaliser afin de
pouvoir mener à bien le traitement... Il est
là, il t’écoute, il acquiesce. Il s’en remet
corps & âme à ton timbre, à ton ombre, à ton
nom graphité sur un document universitaire &
standard. Tu souris à cause de la situation.
La tempête s’est calmée mais elle gît malgré
tout sur les épaules de l’homme & elle fond.


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M159 , version 3 (6 mars 2015)

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L’homme est serein. C’est un bon patient. Il
a confiance en l’autre ou en son geste. Il a
foi en la science, parle un langage propre &
construit. Ses mots ont la forme & le goût &
l’ampleur de la parole posée, de la chaleur.
Tu lui donnes un verdit à voix haute. Tu lui
dis le mot malaria . malaria . Il n’y a pas de rage, de
peur, d’angoisse propre dans son regard. Ses
paupières sont gonflées, ses jambes lourdes.
Tu dis, j’aimerais vous hospitaliser afin de
pouvoir mener à bien le traitement... Il est
là, il t’écoute, il acquiesce.
Il est
, il t’écoute , il acquiesce , il s’en remet
corps & âme à ton timbre, à ton ombre, à ton
nom graphité sur un document universitaire &
standard. Tu souris à cause de la situation.
La tempête s’est calmée mais elle gît malgré
tout sur les épaules de l’homme & elle fond.

Le patient est un bon patient. Confiant, sérieux, plein d’égards pour la science, instruit. Verdict : Malaria.Tu veux l’hospitaliser le temps du traitement.

M159 , version 2 (6 mars 2015)

M159 M59

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L’homme est serein. C’est un bon patient. Il
a confiance en l’autre ou en son geste. Il a
foi en la science, parle un langage propre &
construit. Ses mots ont la forme & le goût &
l’ampleur de la parole posée, de la chaleur.
Tu lui donnes un verdit à voix haute. Tu lui
dis le mot malaria. Il n’y a pas de rage, de
peur, d’angoisse propre dans son regard. Ses
paupières sont gonflées, ses jambes lourdes.
Tu dis, j’aimerais vous hospitaliser afin de
pouvoir mener à bien le traitement... Il est
là, il t’écoute, il acquiesce, il s’en remet
corps & âme à ton timbre, à ton ombre, à ton
nom graphité sur un document universitaire &
standard. Tu souris à cause de la situation.
La tempête s’est calmée mais elle gît malgré
tout sur les épaules de l’homme & elle fond.

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Le patient est un bon patient. Confiant, sérieux, plein d’égards pour la science, instruit. Verdict : Malaria.


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Notes


Cf. Récits d’un jeune médecin, « Les ténèbres d’Egypte » (Livre de Poche), P. 68.

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