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M246

44C

lundi 1er juin 2015, par Guillaume Vissac

Voilà longtemps désormais que la bande est
déroulée, déroulée, déroulée : elle défile
dans le vide, l’image est brouillée par le
mode avance rapide. Tu es là, allongé, des
douleurs aux organes, de la confiture d’os
ou du lait de coco à la bouche. Peut-être,
peut-être que c’est du dentifrice. Tu t’es
gratté la scalpure. Tu t’es mis les doigts
dans la bouche, tu t’es bouffé les doigts.
Tu te dis des mots, merde, chier, des gros
soupirs, tu te fais des grimaces. Tu es au
bout de l’insomnie désormais. C’est l’aube
ou l’abattoir du jour. C’est par la vitre.
Ça se répand, c’est noir. C’est liquide ou
c’est pâteux. Tu dis, bon. Tu presses play
alors l’avance rapide s’arrête. Il y en a,
de l’image, mais partout... Partout. Tu es
repassé sous la bande enregistrée, tu es à
nouveau sur le grain originel du vinyle...
Quelqu’un est sur la carcasse d’un tank au
gabarit gargantuesque. Elle met tout, elle
met tout dans ses muscles : elle arrache à
mains nues des plaques de kevlar & de zinc
& elle se démanche l’âme humaine. C’est un
androïde, elle ! Elle est de synthèse, son
corps fend le décor. Elle a des tumeurs de
muscles qui roulent sous ses muscles, sous
l’élastique de sa peau. C’est obscène. Son
numéro, c’est. Obscène. Dans tous les sens
c’est obscène. Tu te cherches les doigts &
les phalanges ou les mains ou la bouche ou
le sang. Tu as de la salive où tu as de la
salive. Le fantôme de Leopold est là, il a
la main fourchue. Il te regarde. Il est là
& il l’a courbée sur un côté. Elle penche.
Il n’y a plus de colère & il n’y a plus de
questions. Plus de tension, plus d’orage &
de peur. Simplement te détendre. Aller sur
le fil de la nuit, à l’équilibre, les yeux
bandés, de la crache froide sur chacune de
tes tempes pour mieux sentir venir le vent
& le sens de la rafale... Ça peut fléchir.


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{Révisions}

1 révision

M246 , version 2 (1er juin 2015)

Voilà Cela longtemps désormais maintenant que la bande est
déroulée, déroulée, déroulée : elle défile
dans le vide, l’image est brouillée par le
mode avance rapide. Tu es là, allongé, des
douleurs aux organes, de la confiture d’os
ou du lait de coco à la bouche. Peut-être,
peut-être que c’est du dentifrice. Tu t’es
gratté la scalpure. Tu t’es mis les doigts
dans la bouche, tu t’es bouffé les doigts.
Tu te dis des mots, merde, chier, des gros
soupirs, tu te fais des grimaces, tu es au
bout de l’insomnie désormais . Tu es au
bout de l’insomnie désormais.
C’est l’aube
ou l’abattoir du jour. C’est par la vitre.
Ça se répand, c’est noir. C’est liquide ou
c’est pâteux. Tu dis, bon. Tu presses play
alors l’avance rapide s’arrête. Il y en a,
de l’image, mais partout... . Partout. ... Tu es
repassé sous la bande enregistrée, tu es à
nouveau sur le grain originel du vinyle...
Quelqu’un est sur la carcasse d’un tank au
gabarit gargantuesque. Elle met tout, elle
met tout dans ses muscles : elle arrache à
mains nues des les plaques de kevlar & de zinc
& elle se démanche l’âme humaine. C’est un
androïde, elle  ! encore . Elle est de synthèse, son
corps fend le décor. Elle a des tumeurs de
muscles qui roulent sous dans ses muscles, sous
l’élastique de sa peau. C’est obscène. Son
numéro, c’est. Obscène. Dans tous les sens
c’est obscène. Tu te cherches les doigts &
doits ou
les phalanges ou les mains ou la bouche ou
le sang. Tu as de la salive où tu as de la
salive. Le fantôme de Leopold est là, il a
la main fourchue. Il te regarde. Il est là
& il l’a courbée sur un côté. Elle penche.
Il n’y a plus de colère & il n’y a plus de
questions. Plus de tension, plus d’orage &
de peur. Simplement te détendre. Aller sur
le fil de la nuit, à l’équilibre, les yeux
bandés, de la crache froide sur chacune de
tes tempes pour mieux sentir venir le vent
& le sens de la rafale... . Ça peut fléchir. ...

Tu es là à glander à regarder regarde l’écran perdu dans le sens avance rapide. Tu es mauvais. Tu regardes la suite du premier truc sur quoi l’épisode a été enregistré. C’est le Major sur un tank à mains nues. C’est de l’érotisme. Tu fais ce que tu as à faire & le fantôme de Leopold te regarde. Il faut bien se détendre.



Tu es là à glander à regarder l’écran perdu dans le sens avance rapide. Tu es mauvais. Tu regardes la suite du premier truc sur quoi l’épisode a été enregistré. C’est le Major sur un tank à mains nues. C’est de l’érotisme. Tu fais ce que tu as à faire & le fantôme de Leopold te regarde. Il faut bien se détendre.


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Notes


Interlude 6, Le Major (草薙素子)

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