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M25

44C

mercredi 22 octobre 2014, par Guillaume Vissac

Heurté par quelque chose qui ne porte pas de
nom, tu suspends les sutures. Ta voix mâche,
à l’intérieur de ta parole, le mot merde. Tu
le dis à voix basse, tu le dis à voix haute.
Tu as oublié un épanchement. Tu y places une
espèce de tampon de gaze. La sueur te crache
dans les yeux & tes yeux nagent dans un bain
de vapeur. Tu poses un oeil de 10 tonnes sur
le moignon sans aile, sur le visage de cire.
Tu demandes à voix haute si elle vit. Anna &
le feldscher & leurs ombres emmêlées dans la
bouche disent qu’elle vit. Il y a des traces
de respiration dans l’air. Fines. Violacées.


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{Révisions}

1 révision

M25 , version 2 (22 octobre 2014)

Heurté par quelque chose qui ne porte pas de
nom, tu suspends les sutures. Ta voix mâche,
à l’intérieur de ta parole, le mot merde. Tu
le dis à voix basse, tu le dis à voix haute.
Tu as oublié un épanchement. Tu y places une
espèce de tampon de gaze. La sueur te crache
dans les yeux & tes yeux nagent dans un bain
de vapeur. Tu poses un oeil de 10 tonnes sur
le moignon sans aile, sur le visage de cire.
Tu demandes à voix haute si elle vit. Anna &
le feldscher & leurs ombres emmêlées dans la
bouche disent qu’elle vit. Il y a des traces
de respiration dans l’airfines & violacées . Fines. Violacées.

Tu suspends les sutures. On dirait dirai qu’elle vit.



Tu suspends les sutures. On dirait qu’elle vit.


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Notes


Cf. Récits d’un jeune médecin (Livre de Poche), P. 20

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