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M257

44C

vendredi 12 juin 2015, par Guillaume Vissac

Il y a des tests & des tests à faire... Sang
piqué dans le pouce ou l’index. Sang pulpeux
des gencives ou de la langue. Sang savonneux
pris sous le cartilage. Sang bleu de la peau
concentrique (tourbillon ramoné de l’orteil)
& sang bleu de la contestation des veines ou
du cerveau. Cette femme te fait peine à voir
(à Pélaguéïa aussi), elle qui répète des, ce
petit enculé, à pleines lèvres & les yeux de
profil perdus dans la buée des brumes. Alors
que le crépitement des machines & des nuages
opère l’exploration noire, tu tentes de t’en
tenir à l’optimisme. Dans tes paroles, tu ne
dis jamais des sons trop définitifs. & tu ne
dis jamais des trucs comme, on peut craindre
le pire. Le pire, le pire, on a le temps d’y
craindre ! dit quelqu’un dans le couloir, là
où les corps gris & fatigués patientent. Les
minutes sont longues, ce sont des filaments.
Il a raison, ce bonhomme. Il ne faut pas, il
ne faut jamais craindre le pire. Quelles que
soient les circonstances. Jamais. Toujours &
toujours se bercer dans le sens de la beauté
& des endorphines. C’est un cercle vertueux.
Tu te répètes ces quelques mots & jusqu’à la
nausée tu te les répètes : c’est un cercle &
c’est un cercle & c’est un cercle & c’est un
cercle & c’est un cercle & c’est un cercle &
c’est un cercle & c’est un cercle & c’est un
cercle & c’est beau. C’est beau putain ! Que
ça peut être beau parfois ! Mais c’est rare.


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{Révisions}

2 révisions

M257 , version 3 (13 juin 2015)

Cf. Récits d’un jeune médecin, « L’éruption étoilée » (Livre de Poche), P. 93-94 92 .

M257 , version 2 (12 juin 2015)

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Il y a des tests & des tests à faire... Sang
piqué dans le pouce ou l’index. Sang pulpeux
des gencives ou de la langue. Sang savonneux
pris sous le cartilage. Sang bleu de la peau
concentrique (tourbillon ramoné de l’orteil)
& sang bleu de la contestation des veines ou
du cerveau. Cette femme te fait peine à voir
(à Pélaguéïa aussi), elle qui répète des, ce
petit enculé, à pleines lèvres & les yeux de
profil perdus dans la buée des brumes. Alors
que le crépitement des machines & des nuages
opère l’exploration noire rouge , tu tentes de t’en
tenir à l’optimisme. Dans tes paroles, tu ne
dis jamais des sons trop définitifs. & tu ne
dis jamais des trucs comme, on peut craindre
le pire. Le pire, le pire, on a le temps d’y
craindre ! dit quelqu’un dans le couloir, là
où les corps gris & fatigués patientent. Les
minutes sont longues, ce sont des filaments.
Il a raison, ce bonhomme. Il ne faut pas, il
ne faut jamais craindre le pire. Quelles que
soient les circonstances. Jamais. Toujours &
toujours se bercer dans le sens de la beauté
& des endorphines. C’est un cercle vertueux.
Tu te répètes ces quelques mots & jusqu’à la
nausée tu te les répètes : c’est un cercle &
c’est un cercle & c’est un cercle & c’est un
cercle & c’est un cercle & c’est un cercle &
c’est un cercle & c’est un cercle & c’est un
cercle & c’est beau. C’est beau putain ! ... Que
ça Ca
peut être beau parfois ! ... Mais c’est rare Rare mais parfois .

Test VIH à la femme du monsieur. Elle est pleine de haine. Tu es plein d’optimisme. Tu te dis qu’en l’étant le résultat du test s’en ressentira. Parfois, ça peut aussi être un cercle vertueux la vie humaine.



Test VIH à la femme du monsieur. Elle est pleine de haine. Tu es plein d’optimisme. Tu te dis qu’en l’étant le résultat du test s’en ressentira. Parfois, ça peut aussi être un cercle vertueux la vie humaine.


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Notes


Cf. Récits d’un jeune médecin, « L’éruption étoilée » (Livre de Poche), P. 93-94.

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