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M299

44C

vendredi 24 juillet 2015, par Guillaume Vissac

La musique couine. C’est électronique. Une
longue séquence balaye le corridor, caché,
caché derrière le Plexiglas & de la droite
vers la gauche l’image s’étend. Les voix &
les paroles continuent de se déverser dans
une langue monotone, les sous-titres vont,
les sous-titres disparaissent. Les mots ou
les syllabes ne sont plus véritablement là
où ils devraient être ; en tout cas tu n’y
prêtes plus attention. Seul le tourbillon,
le tourbillon de l’image, retient ton œil,
de la droite vers la gauche & de la droite
vers la gauche & de plus en plus vite & au
delà des panneaux de Plexiglas, plaques de
zinc recouvertes de rugosités, tuyaux sous
la surface du mur comme un réseau veineux,
comme un circuit imprimé, & lueur cuivrée,
arlequin noir & blanc sans costume, plans
cycliques encore, plus cycliques, de plus
en plus vite, jusqu’à ce que l’image mise
sur la perte d’équilibre & qu’un fondu au
noir brutal & sans sommation vienne fêler
la bobine déroulée sur l’écran. Désormais
il y a un écran noir & un triangle blanc,
incrusté au milieu. Cela signifie que ton
pouce a mordu sur la touche play & pause.


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{Révisions}
Aucune révision


Le plan balaye la scène de droite à gauche de plus en plus vite. Tu ne lis plus les sous-titres. L’image tourbillonne jusqu’au fondu au noir : tu as mis pause.


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Notes


Interlude 7, Le bureau gouvernemental (統治局)

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