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M315

44C

dimanche 9 août 2015, par Guillaume Vissac

Poliakov est livide, sa langue babille ton
nom. Il t’appelle, c’est très faible... Tu
lui dis que tu es là, tu répètes plusieurs
fois ces quelques mots fendus, je suis là,
mais lui ne t’écoute pas, il sort sa main,
il l’extirpe en tremblant de son corps, il
te la tend vivante, pleine & entière. Mais
pourquoi ? Tu comprends en la tournant sur
le côté : il y a de l’encre à l’intérieur.
Quelque chose est écrit, qui commence par,
par, quelque chose comme, mais c’est tout.
Ce n’est pas lisible. Ce n’est même pas un
message, une bouteille à la mer : ce n’est
rien de tout ça. Juste une tache. Ce n’est
rien. Ses yeux ont basculé dans le néon du
bloc. Fini : il est mort dans de l’ocre...


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M315 , version 3 (13 mars 2016)

Poliakov est livide, sa langue babille ton
nom. Il t’appelle, c’est très faible... Tu
lui dis que tu es là, tu répètes plusieurs
fois ces quelques mots fendus, je suis là,
mais lui ne t’écoute pas, il sort sa main,
il l’extirpe en tremblant de son corps, il
te la tend vivante, pleine & entière. Mais
pourquoi ? Tu comprends en la tournant sur
le côté : il y a de l’encre à l’intérieur.
Quelque chose est écrit, qui commence par,
par, quelque chose comme, mais c’est tout.
Ce n’est pas lisible. Ce n’est même pas un
message, une bouteille à la mer : ce n’est
rien de tout ça. Juste une tache. Ce n’est
rien. Ses yeux ont basculé dans le néon du
bloc. C’est fini. Fini  : il Il est mort dans de l’ocre... .

M315 , version 2 (9 août 2015)

Poliakov est livide, sa langue babille ton
nom. Il t’appelle, c’est très faible... Tu
lui dis que tu es là, tu répètes plusieurs
fois ces quelques mots fendus, je suis là,
mais lui ne t’écoute pas, il sort sa main,
il l’extirpe en tremblant de son corps, il
te la tend vivante, pleine & entière. Mais
pourquoi ? Tu comprends en la tournant sur
le côté : il y a de l’encre à l’intérieur.
Quelque chose est écrit, qui commence par,
par, quelque chose comme, mais c’est tout.
Ce n’est pas lisible. Ce n’est même pas un
message, une bouteille à la mer : ce n’est
rien de tout ça. Juste une tache tâche . Ce n’est
rien. Ses yeux ont basculé dans le néon du
bloc. C’est fini. Il est mort dans l’ocre.



Poliakov va mourir. Il te tend une main. Il meurt. C’est fini.


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Notes


Cf. Récits d’un jeune médecin, « Morphine » (Livre de Poche), P. 116

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