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M316

44C

lundi 10 août 2015, par Guillaume Vissac

La nuit. L’aube presque. L’ampoule brûle &
avale l’énergie nucléaire. Tout est jaune,
tout est silence. Le corps de Poliakov est
allongé au fond de la morgue. La nuit. Là,
dans tes yeux, il y a un mail non lu. Il y
était déjà, sans doute, quand tu t’es mis,
avec de la douleur dans la tête, au lit...
Un mail de Poliakov. Il est toujours gras,
dans la liste des mails, & même si tu l’as
déjà lu 20 fois il va rester en gras. Pour
qu’il se sorte du gras, il faudrait cesser
de le regarder, de le lire. Or ce mail est
partout dans ton visage & dans ton regard.


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Abasourdi devant le mail posthume que Poliakov t’a envoyé avant de mourir, quelques heures plus tôt.


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Notes


Cf. Récits d’un jeune médecin, « Morphine » (Livre de Poche), P. 116

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