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M330

38c

lundi 24 août 2015, par Guillaume Vissac

Là-bas, c’est le tumulte. C’est ce que
l’on appelle ici ou là un rêve double.
Rêve, doux rêve, mis au lever du jour.
Ici, c’est un doux rêve de verre. Il a
la peau transparente. C’est beau. Elle
est là, Amnéris, elle chante. Elle est
à la rampe du grand escalier, elle est
là & elle chante. C’est très difficile
pour moi de retranscrire tout ça, avec
mes mots, avec ma bouche. Bon, je dois
dire que la musique est sublime, mais,
non, ce n’est pas ça le plus important
dans ce rêve. Le plus important, c’est
que ce sont désormais les couleurs, le
goût & l’aira d’Aïda. Puis s’avancent,
soudainement, les castagnettes ! Signe
qu’il est 8h & qu’Anna vient me lever.
Elle m’explique ce qui m’attend un peu
plus bas, à l’accueil... Je ne lui dis
pas qu’il est inutile de me réveiller.
J’entends tout. Je vois tout. Tout va,
tout va pour le mieux. & je descends à
l’accueil, heureux, je travaille bien,
parfaitement bien, je suis bien ; tout
va bien. Je ne pense plus à elle, non,
je ne pense plus à l’ex. Je suis calme
& serein, enfin. Calme, calme, serein.


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Blog de Poliakov au 10 mars.


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Notes


Cf. Récits d’un jeune médecin, « Morphine » (Livre de Poche), P. 122-123.

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