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M34

44C

vendredi 31 octobre 2014, par Guillaume Vissac

Le lampion est tombé sur le sol. Les sbires,
mains prêtes à gicler leur katana, protègent
l’homme important. Puis quelqu’un dit, c’est
un assassin. L’un des sbires charge l’homme,
le garçon, l’assassin. Il se fait découper &
le corps & l’esprit. Il fait ça sans effort,
l’assassin : ça gicle rouge sur les murs des
maisons proches. Il n’y a rien sur le masque
de son visage. Il a tué vide & froidement. À
peine une seconde & la pointe de sa lame est
déjà dans le crâne de l’homme important, par
le menton elle entre & par le front elle ira
ressortir. Le dernier sbire, l’homme heureux
qu’on s’apprête à marier, est blafard. D’une
simple torsion de la main la boîte crânienne
de l’homme important éclate comme une bulle.
Le dernier sbire hurle, se protège, l’autre,
l’assassin, croise le fer avec lui, fonce de
front sur lui, sa lame fond dans du bois sec
comme dans de l’eau, ils se font face, il se
répète, le dernier sbire, des mots circuleux
& incantatoires, des je ne peux pas mourir &
des je ne peux pas. L’assassin avec sa voix,
la douce, lui dit, abandonne. Le sbire jette
tout son corps dans un dernier assaut. Leurs
lames sont courbées, pourtant elles plongent
droites & déchirent la pelure de la nuit. Le
garçon est plus fort. Il contre la moindre &
la pire de ses escrimes avec le tranchant de
la main. Il le découpe quand il a l’oeil mis
de côté, ailleurs. Le sbire saigne. Il sue à
torrent. Il a la pupille dilatée. Bientôt la
fin. Il baigne dans son sang debout. Répète,
je ne peux pas mourir, je ne peux pas. Plein
de sueur & de sang il se lance, désespéré ou
ivre de malheur, sur son assassin d’ennemi :
il meurt au ralenti, tranché à la jugulaire.
Mais dans son dernier geste de mourant, tout
dernier sbire qu’il soit, il lui arrache une
balafre sur la joue. L’assassin se touche la
joue. Le garçon saigne. Il est surpris. Tout
est triste. Le dernier sbire est mort, vu du
ciel, sous les branches cerisiers. Le garçon
en a plein les doigts & la lame. Le cadavre,
tiédissant sur le sol, continue de parler (à
cause de l’amour qui l’anime). Il prononce à
voix haute le nom de celle qui... L’assassin
lui plante son sabre dans la gorge & le cou.


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{Révisions}

1 révision

M34 , version 2 (31 octobre 2014)

Le garçon est un assassin. Il tue 2 hommes en 3 secondes. Beaucoup de sang. Duel avec le dernier sbire, animé par l’amour. Le dernier sbire meurt. Prononce à voix haute le nom de celle qui... Scouitch.

Le lampion est tombé sur le sol. Les sbires,
mains prêtes la main prête à gicler leur katana sabre , protègent
l’homme important. Puis quelqu’un dit, c’est
un assassin. L’un des sbires charge l’homme,
le garçon, l’assassin. Il se fait découper &
le corps & l’esprit. Il fait ça sans effort,
l’assassin : & ça gicle rouge sur les murs des
maisons proches. Il n’y a rien sur le masque
de son visage. Il a tué vide & froidement. À
peine une seconde & la pointe de sa lame est
déjà dans le crâne de l’homme important, par
le menton elle entre & par le front elle ira
ressortir. Le dernier sbire, l’homme heureux
qu’on qui s’apprête à se marier, est blafard choqué . D’une
simple torsion de la main la boîte crânienne
de l’homme important éclate comme une bulle.
Le dernier sbire hurle, se protège, l’autre,
l’assassin, croise le fer avec lui, fonce de
front sur lui, sa lame fond dans du bois sec
comme dans de l’eau, ils se font face, il se
répète, le dernier sbire, des mots circuleux
& incantatoires, des je ne peux pas mourir &
des je ne peux pas.
L’assassin avec sa voix,
la douce, lui dit, abandonne.
Le sbire jette
tout son corps dans un dernier assaut.
Leurs
lames sont courbées, pourtant elles plongent
droites & déchirent la pelure de la nuit.
Le
garçon est plus fort.
Il contre la moindre &
la pire de ses escrimes avec le tranchant de
la main.
Il le découpe quand il a l’oeil mis
de côté, ailleurs.
Le sbire saigne. Il sue à
torrent.
Il a la pupille dilatée. Bientôt la
fin.
Il baigne dans son sang debout. Répète,
je ne peux pas mourir, je ne peux pas.
Plein
de sueur & de sang il se lance, désespéré ou
ivre de malheur, sur son assassin d’ennemi :
il meurt au ralenti, tranché à la jugulaire.
Mais dans son dernier geste de mourant, tout
dernier sbire qu’il soit, il lui arrache une
balafre sur la joue.
L’assassin se touche la
joue.
Le garçon saigne. Il est surpris. Tout
est triste.
Le dernier sbire est mort, vu du
ciel, sous les branches cerisiers.
Le garçon
en a plein les doigts & la lame.
Le cadavre,
tiédissant sur le sol, continue de parler (à
cause de l’amour qui l’anime).
Il prononce à
voix haute le nom de celle qui...
L’assassin
lui plante son sabre dans la gorge & le cou.



Le garçon est un assassin. Il tue 2 hommes en 3 secondes. Beaucoup de sang. Duel avec le dernier sbire, animé par l’amour. Le dernier sbire meurt. Prononce à voix haute le nom de celle qui... Scouitch.


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Notes


Interlude #1, Battōsai l’assassin (人斬り抜刀斎)

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