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M38

44C

mardi 4 novembre 2014, par Guillaume Vissac

L’assassin est camé debout. Vivant mais mort
& maudit. C’est la mort qui l’a mordu. C’est
elle qui le tient par les fils de son ombre,
marionnettiste & marionette. Il a le passé &
l’avenir en guise d’oeil gauche & droit. Une
esquisse de lune bleue a la nuit au bord des
lèvres. Le sang coule. Il dévale des marches
d’escalier en cascade, fluide & poisseux. La
victime n’a pas eu le temps de se sortir une
voix de la gorge. L’assassin se regarde dans
sa paume ouverte. Il saigne. Sa blessure n’a
pas cicatrisé. Il est blême. On lui dit, une
fois j’ai entendu un proverbe : une blessure
occasionnée par un katana plein de rancoeur,
si la chose est possible, ne guérit pas tant
que cette rancoeur n’a pas trouvé vengeance.
Dans ses souvenirs d’assassin, quelqu’un lui
dit, es-tu prêt à tuer pour une ère nouvelle
mon garçon ? Le sang coule depuis. Au dos de
ceux que l’on a découpés, on punaise quelque
chose, une feuille de papier, sur quoi cette
chose que l’on appelle la froideur a dessiné
des lettres noires de calligraphie samouraï.


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L’assassin est maudit. Le sang coule sur son passage. Il ne cicatrise pas. On punaise de la calligraphie noire dans le dos des victimes.


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Notes


Interlude #1, Battōsai l’assassin (人斬り抜刀斎)

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