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M56

44C

samedi 22 novembre 2014, par Guillaume Vissac

Les cris s’espacent, les voix s’écrasent, la
douleur ou les mots sont en train de prendre
l’apparence de la mort ou du sommeil. Elle a
le corps étal, désormais... Le silence a mis
de l’encre calme sur son visage & les murs &
les plafonds blancs tombent sur le corps des
protagonistes comme une pluie légère & issue
de la brume. Tu demandes, le pouls ? Normal.
Pélaguéïa soulève le bras de la femme & elle
le relâche : le bras, sans vie, tombe sur le
drap comme un fouet dans de la pâte caillée.
Le feldscher examine ses paupières sous l’un
de ses ongles en nitrile. Elle dort, dit-il.


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M56 , version 2 (22 novembre 2014)

Les cris s’espacent, les voix s’écrasent, la
douleur ou les mots sont en train de prendre
l’apparence de la mort ou du sommeil. Elle a
le corps étal, désormais... Le silence a mis
de l’encre calme sur son visage & les murs &
les plafonds blancs tombent sur le corps des
protagonistes comme une pluie légère & issue
de la brume. Tu demandes, le pouls ? Normal.
Pélaguéïa soulève le bras de la femme & elle
le relâche : le bras, sans vie, tombe sur le
drap comme un fouet dans de la pâte caillée.
Le feldscher examine ses paupières sous l’un
de ses ongles en nitrile latex bleu . Elle dort, dit-il.



La femme anesthésiée. On vérifie qu’elle dort. Elle dort.


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Notes


Cf. Récits d’un jeune médecin (Livre de Poche), P. 31-32

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