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M61

44C

jeudi 27 novembre 2014, par Guillaume Vissac

Il est une heure du mat’ lorsque tu rentres,
courbatu, dans l’odeur & l’ombre du logement
de fonction. Sur le vrac ambiant du bureau :
la tache de lumière de l’écran googlé, ni en
veille ni éteint, ouvert à la page grise des
dangers de la version. Pendant au moins 2 ou
3 heures encore, tu restes ainsi assis & les
yeux punaisés sur l’écran, à faire descendre
l’ascenseur, tout en buvant ton thé glacial.
Tous les passages, jusqu’alors opaques, sont
à présent parfaitement intelligibles & comme
illuminés de blancheur, de néons. C’est ici,
sous le halo de la dalle, dans la nuée plane
& huileuse, en pleine nuit compactée, au fin
fond de nulle part, que tu comprends le sens
du vrai savoir. La nuit épaisse est là, près
de toi qui sécrète. Elle veille sur ton dos.


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{Révisions}

2 révisions

M61 , version 3 (27 novembre 2014)

Retour au logement de fonction. Tu te laisses aspiré dans la spirale Google qui cartographie les dangers de la version.

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Il est une heure du mat’ lorsque tu rentres,
courbatu, dans l’odeur & l’ombre du logement
de fonction. Sur le vrac ambiant du bureau :
la tache de lumière de l’écran googlé, ni en
veille ni éteint, ouvert à la page grise des
dangers de la version. Pendant au moins 2 ou
3 heures encore, tu restes ainsi assis & les
yeux punaisés sur l’écran, à faire descendre
l’ascenseur, tout en buvant ton thé glacial.
Tous les passages, jusqu’alors opaques, sont
à présent parfaitement intelligibles & comme
illuminés de blancheur, de néons. C’est ici,
sous le halo de la dalle, dans la nuée plane
& huileuse, en pleine nuit compactée, au fin
fond de nulle part, que tu comprends le sens
du vrai savoir. La nuit épaisse est là, près
de toi qui sécrète. Elle veille sur ton dos.

M61 , version 2 (27 novembre 2014)

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Il est une heure du mat’ lorsque tu rentres,
courbatu, dans l’odeur & l’ombre du logement
de fonction. Sur le vrac ambiant du bureau :
la tache de lumière de l’écran googlé, ni en
veille ni éteint, ouvert à la page grise des
dangers dangers de la version. . Pendant au moins 2 ou
3 heures encore, tu restes ainsi assis & les
yeux punaisés sur l’écran, à faire descendre
l’ascenseur, tout en buvant ton thé glacial .
froid ...
Tous les passages, jusqu’alors opaques , jusque si obscures sont
à présent parfaitement intelligibles & comme
illuminés de blancheur, de néons. C’est ici,
sous le halo de la dalle, dans la nuée plane
& huileuse, en pleine nuit compactée, au fin
fond de nulle part, que tu comprends le sens
du vrai savoir. La nuit épaisse est là, près
de toi qui sécrète. Elle veille sur ton dos ta .



Retour au logement de fonction. Tu te laisses aspiré dans la spirale Google qui cartographie les dangers de la version.


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Notes


Cf. Récits d’un jeune médecin (Livre de Poche), P. 33

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