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M66

44C

mardi 2 décembre 2014, par Guillaume Vissac

Le fou concentre ses salves dans le blindage
de la voiture, chaque balle viendra perforer
la précédente à l’endroit précis de l’impact
qui macère. Des flashs secs se succèdent : à
la énième détonation, le blindage noir & mat
de la voiture cède & la tête de l’homme dont
on disait qu’il était important cède soudain
dans une explosion de matière organique & de
substance sanguine. Ça macule l’intérieur de
la voiture. Ça macule la vitre dure comme de
l’art. Le héros, clope au bec, traversant un
rayon de lumière sec, débarque par hasard au
carrefour hasardeux de son corps déambulant.
Le fou est là, de dos, à sa droite, illuminé
par un arc blanc électrique. C’est beau. Son
canon fume de la fumée noire. Cadavres, sang
& impacts de balles autour de lui. Rictus où
des bouches se dévorent. Le héros fait comme
la grimace, blasé. Le fou vu de profil a une
drôle d’allure. Rond comme gonflé à l’hélium
& sa fraise à la nuque. Petits bras, gros le
corps. Il se retourne & pirouette & fait une
révérence. Il dit, hello gentleman encore, à
la manière de quelqu’un qui est fou, & notre
héros prend peur. Il a de la sueur sur l’une
de ses tempes. Son clope tombe de ses lèvres
& ses yeux dilatés se contractent. Le visage
dément, le corps désarticulé, les membres en
élastique & l’ombre ravagée, le fou retourne
sa canne contre le héros & mitraille dans sa
direction sans sommation. Chacune des balles
qu’il crache pèse une tonne. Flashs blancs &
flashs noirs en rafale. Le sang est pourpre,
le sang est visqueux. Le héros plonge, cache
son corps aux grandes jambes derrière l’igue
d’un container à ordure. Les balles claquent
& ricochent & déchirent les sacs à poubelle.


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{Révisions}

1 révision

M66 , version 2 (2 décembre 2014)

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Le fou concentre ses salves dans le blindage
de la voiture, chaque balle viendra perforer
la précédente à l’endroit précis de l’impact
qui macère précédent . Les flashs blancs se succèdent. Des flashs secs se succèdent  : à
À
la énième détonation, le blindage noir & mat
de la voiture cède & la tête de l’homme dont
on disait qu’il était important cède soudain
dans une explosion de matière organique & de
substance sanguine. Ça macule l’intérieur de
la voiture. Ça macule la vitre dure mat , comme de
l’art. Le héros, clope au bec, traversant un
rayon de lumière sec, débarque par hasard au
carrefour hasardeux de son corps déambulant.
Le fou est là, de dos, à sa droite, illuminé
par un arc blanc électrique. C’est beau. Son
canon fume de la fumée noire. Cadavres, sang
& impacts de balles autour de lui. Rictus où
des les bouches se dévorent. Le héros fait comme
la grimace, blasé. Le fou vu de profil a une
drôle d’allure. Rond comme gonflé à l’hélium
& sa fraise à la nuque. Petits bras, gros le
corps. Il se retourne & pirouette & fait une
révérence. Il dit, hello gentleman encore, à
la manière de quelqu’un qui est fou, & notre
héros prend peur. Il a de la sueur sur l’une
de ses tempes. Son clope tombe de ses lèvres
& ses yeux dilatés se contractent. Le visage
dément, le corps désarticulé, les membres en
élastique & l’ombre ravagée, le fou retourne
sa canne contre le héros & mitraille dans sa
direction sans sommation. Chacune des balles
qu’il crache pèse une tonne. Flashs blancs &
flashs noirs en rafale. Le sang est pourpre,
le sang est visqueux.
Le héros plonge, cache
son corps aux grandes jambes derrière l’igue
d’un container à ordure.
Les balles claquent
& ricochent & déchirent les sacs à poubelle.

Le fou massacre les sbires et leur homme important. Sa tête explose dans la voiture. Notre héros débarque, blasé. L’autre se retourne vers lui pour lui buter la tête. Il s’abrite derrière un container à ordure où il est acculé.



Le fou massacre les sbires et leur homme important. Sa tête explose dans la voiture. Notre héros débarque, blasé. L’autre se retourne vers lui pour lui buter la tête. Il s’abrite derrière un container à ordure où il est acculé.


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Notes


Interlude #2, Pierrot le fou (道化師の鎮魂歌)

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