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M69

44C

vendredi 5 décembre 2014, par Guillaume Vissac

Le chat s’est échappé. Le héros s’est relevé
& éloigné de quelques pas & il est tombé sur
une grosse bonbonne de gaz. L’autre (le fou,
celui que les chats terrorisent) est transi.
Figé. Il le regarde avec son visage délavé :
qu’est-ce qu’il fiche, le héros ? Avec l’une
de ses semelles il shoote dans la bonbonne :
la bonbonne roule jusqu’au fou. Le visage du
héros est tendu, tordu sur le côté, anxieux.
Il tire une balle de Jericho sur la carcasse
de la conque métallique & le gaz explose sur
le fou. Il n’a pas pu bouger. Le héros prend
la fuite dans les flammes. La rue s’embrase.
Des explosions explosent. C’est régulier. On
voit la scène de loin, c’est panoramique. Le
héros court plus vite que le feu, le feu lui
lèche les épaules. C’est une question de cm.
C’est une question de langue. Le déferlement
de flammes finit par le cracher complètement
brisé contre un mur, tête en bas. La ville &
le corps de la ville ne sont plus charbonnés
comme au début de la scène mais rouges. Tout
le ciment est devenu rouge. Le héros, malgré
tout, se retourne vers les flammes. Ça remue
quelque part. Il n’a pas le temps de plisser
les yeux qu’un projectile traverse le rideau
de gaz et vient se planter dans son épaule à
droite. Un couteau. Le fou est bien là, rond
& debout & sa canne à la main, intact. Ça se
renverse derrière lui, les flammes ondulent,
ça brouille un peu son image, encore que. On
est moyennement surpris. Jusqu’à ce qu’il se
mette à ouvrir son veston comme Batman ouvre
sa cape avant de fondre sur Gotham. Dessous,
il y a des kilos de flingues & de bombes, de
grenades, d’explosif, de TNT, de roquettes &
de nitroglycérine. Ça doit peser des tonnes.
Le héros fait la grogne. Il grimace. Attrape
son Jéricho avec sa seule main gauche & tire
& tire encore en courant. Il vise mal, c’est
à cause de sa main gauche. L’autre (le fou),
sans bouger les pieds ni le tronc ni le cou,
sort un lance-roquette. Il tire. Notre héros
sort de l’ombre. La roquette le poursuit. Le
suspens est à son comble... Le truc explose.
C’est de la fumée ocre. Le corps du héros va
voltiger jusque dans l’eau du port (car nous
sommes près de l’eau manifestement). Le fou,
très lentement, se pose sur le ciment orange
du sol. Il y a des fumerolles autour de lui.
L’eau est calme (c’est de l’ambre). Sourire,
la mâchoire si serrée, une pose victorieuse.
On entend des sirènes au loin. Au sol, c’est
progressif mais tu le remarques aisément, le
croquis de son ombre commence à disparaître.


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{Révisions}

1 révision

M69 , version 2 (5 décembre 2014)

Le chat s’échappe, le héros se relève & fait péter tout le quartier au moins. Le fou traverse les flammes. Il se ballade avec tout un arsenal sous son veston. Il shoote au lance-roquette une roquette. Game over. Le héros finit sa course dans l’eau ocre de Ganymède.

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Le chat s’est échappé. Le héros s’est relevé
& éloigné de quelques pas &  : il est tombé sur
une grosse bonbonne de gaz. L’autre (le fou,
celui que les chats terrorisent) est transi,
figé .
Figé. Il le regarde avec son visage délavé :
qu’est-ce qu’il fiche, le héros ? Avec l’une
de ses semelles il shoote dans la bonbonne :
la bonbonne roule jusqu’au fou. Le visage du
héros est tendu, tordu sur le côté, anxieux.
Il tire une balle de Jericho sur la carcasse
de la conque métallique & le gaz explose sur
le fou. Il n’a pas pu bouger. Le héros prend
la fuite dans les flammes. La rue s’embrase,
des explosions se succède .
Des explosions explosent. C’est régulier. On
voit la scène ,
depuis un angle périphérique , de loin, c’est panoramique . Le
Notre
héros court plus vite que le feu, le feu lui
lèche les épaules . Le feu lui
lèche les épaules.
C’est une question de cm.
C’est une question de langue. Le déferlement
de flammes finit par le cracher complètement
brisé contre un mur, tête en bas. La ville &
le corps de la ville ne sont plus charbonnés
noir & sec
comme au début de la scène mais rouges rouge . Tout
le ciment Toute
la ville est devenu une ire rouge. Le héros, malgré
tout, se retourne vers les flammes. Ça remue
quelque part. Il n’a pas le temps de plisser
les yeux qu’un projectile traverse le rideau
de gaz et vient se planter dans son épaule à
droite. Un couteau. Le fou est bien là, rond
& debout & sa canne à la main, intact. Ça se
renverse derrière lui, les flammes ondulent,
ça brouille un peu son image, encore que. On
est moyennement surpris.
Jusqu’à ce qu’il se
mette à ouvrir son veston comme Batman ouvre
sa cape avant de fondre sur Gotham.
Dessous,
il y a des kilos de flingues & de bombes, de
grenades, d’explosif, de TNT, de roquettes &
de nitroglycérine.
Ça doit peser des tonnes.
Le héros fait la grogne. Il grimace. Attrape
son Jéricho avec sa seule main gauche & tire
& tire encore en courant.
Il vise mal, c’est
à cause de sa main gauche.
L’autre (le fou),
sans bouger les pieds ni le tronc ni le cou,
sort un lance-roquette.
Il tire. Notre héros
sort de l’ombre.
La roquette le poursuit. Le
suspens est à son comble...
Le truc explose.
C’est de la fumée ocre. Le corps du héros va
voltiger jusque dans l’eau du port (car nous
sommes près de l’eau manifestement).
Le fou,
très lentement, se pose sur le ciment orange
du sol.
Il y a des fumerolles autour de lui.
L’eau est calme (c’est de l’ambre). Sourire,
la mâchoire si serrée, une pose victorieuse.
On entend des sirènes au loin. Au sol, c’est
progressif mais tu le remarques aisément, le
croquis de son ombre commence à disparaître.



Le chat s’échappe, le héros se relève & fait péter tout le quartier au moins. Le fou traverse les flammes. Il se ballade avec tout un arsenal sous son veston. Il shoote au lance-roquette une roquette. Game over. Le héros finit sa course dans l’eau ocre de Ganymède.


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Notes


Interlude #2, Pierrot le fou (道化師の鎮魂歌)

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