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M73

44C

mardi 9 décembre 2014, par Guillaume Vissac

L’écran a basculé dans la mémoire interne de
quelque chose de concret & c’est blanc. Noir
dans l’oeil du corps prostré contre le mur &
l’ombre de sa cellule, blanc laiteux autour.
Il y a de la musique rythmée, c’est monté au
couteau, ça se succède. Manipulation génique
& génétique thérapie. Aiguille hypodermique,
pointue, piquée dans des cellules moelleuses
compatissantes. Tuyaux emberlificotés jusque
dans la paroi du crâne. Du sang en-seringué.
Un visage déformé, une gueule grosse. Séries
d’images fixes ou saccades, comme cette main
convulsée sous des injections fines. Corps &
pantins en tenue anti-radiations l’observent
& un chat dans la vitre également. Le cobaye
court sur un tapis roulant, des lasers rubis
lui bombardent la pupille d’un oeil que l’on
a forcé ouvert. Phase de test du traitement,
on lui tire des balles de gun à bout portant
pour déclencher le champ magnétique vert qui
le protège. Le chat le regarde toujours dans
le reflet de la vitre. Le cobaye hurle. Puis
ça se répète. Les mêmes scènes. Le même son.
La musique s’électronise. Ça saccade. Pulse.
Hurle encore. Le cobaye est laissé pour mort
(mais vivant), accroupi sur lui-même & vouté
bêtement, la mâchoire dans sa bave. C’est un
échec. Toute cette batterie de tests, toutes
ces expériences bactériologiques pour créer,
probablement, une arme humaine ultime, elles
ont dû faillir. On a enterré le cobaye là où
on l’oublierait le plus facilement : cellule
noire cette fois. & puis, eh bien, il a tenu
serrées ses dents soudain & des corps autour
de lui ont commencé à exploser. Il en est là
aujourd’hui : il est devenu le fou à l’ombre
crénelée. Un gamin piégé dans le corps d’une
brute épaisse, doué d’aptitudes surhumaines.


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{Révisions}

1 révision

M73 , version 2 (9 décembre 2014)

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L’écran a basculé dans la mémoire interne de
quelque chose de concret & c’est blanc. Noir
dans l’oeil du corps prostré contre le mur &
l’ombre de sa cellule, blanc laiteux brumeux autour.
Il y a de la musique rythmée, c’est monté au
couteau, ça se succède. Manipulation génique
& thérapie génétique thérapie . Aiguille hypodermique,
pointue, piquée dans des cellules moelleuses
compatissantes. Tuyaux emberlificotés jusque
dans la paroi du crâne. Du sang en-seringué enseringuée .
Un visage déformé, une gueule grosse. Séries
d’images fixes ou saccades saccadés , comme cette main
convulsée convulsé sous des les injections fines lentes . Corps &
pantins en tenue anti-radiations l’observent
& un chat dans la vitre également. Le cobaye
court sur un tapis roulant, des lasers rubis
lui bombardent la pupille d’un oeil que l’on
a forcé ouvert. Phase de test du traitement,
on lui tire des balles de gun à bout portant
pour déclencher le champ magnétique vert qui
le protège. Le chat le regarde toujours dans
le reflet de la vitre. Le cobaye hurle. Puis
ça se répète. Les mêmes scènes. Le même son.
La musique s’électronise. Ça saccade. Pulse.
Hurle encore. Le cobaye est laissé pour mort
(mais vivant), accroupi sur lui-même & vouté
bêtement, la mâchoire dans sa bave.
C’est un
échec.
Toute cette batterie de tests, toutes
ces expériences bactériologiques pour créer,
probablement, une arme humaine ultime, elles
ont dû faillir.
On a enterré le cobaye là où
on l’oublierait le plus facilement : cellule
noire cette fois.
& puis, eh bien, il a tenu
serrées ses dents soudain & des corps autour
de lui ont commencé à exploser.
Il en est là
aujourd’hui : il est devenu le fou à l’ombre
crénelée.
Un gamin piégé dans le corps d’une
brute épaisse, doué d’aptitudes surhumaines.
Mord dans la mâchoire du mal.

L’histoire du fou à l’intérieur de la tête du fou : une arme bactériologique & humaine & ratée.



L’histoire du fou à l’intérieur de la tête du fou : une arme bactériologique & humaine & ratée.


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Notes


Interlude #2, Pierrot le fou (道化師の鎮魂歌)

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