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M97

44C

vendredi 2 janvier 2015, par Guillaume Vissac

Le feldscher s’écroule sur le sol. Son corps
percutant le carrelage entre vos pieds forme
un son mat. Il a heurté quelque chose (c’est
sans importance, personne n’y fait attention
& c’est sans importance). Tu fiches tout ton
scalpel dans la trachée avant d’y implanter,
soigneusement, le tube à peine vomi du moule
de l’imprimante 3D. Il est parfaitement limé
pour adhérer à sa gorge à elle, Lidka. On se
regarde avec aigreur. Le tube glisse mais il
ne se passe rien. L’air ne coule pas. Lidka,
sa peau recouverte de craie, est inerte. Une
seconde, 2 secondes... Le silence... Ça pèse
une tonne & ça se tient sur vos épaules & ça
y plante & ses griffes & ses dents. Inspirer
& expirer, c’est là tout ce que vous pouvez,
vous au moins, faire. Tu ne peux rien. Tu as
envie de demander pardon à quelqu’un, mais à
qui ? Le visage de Lidka violacé, de pire en
pire à vue d’oeil. C’est fini. On dirait que
c’est au-delà de tout espoir. Elle est morte
& crevée. Mais alors, & c’est un déchirement
dans la poitrine. Mais alors, & ça t’attrape
par les yeux soudainement béants. Mais alors
que tout espoir s’amenuise, l’air est entré,
l’air est entré en sifflant dans la trachée,
Lidka sursaute. L’air est entré après qu’une
gerbe de caillots s’est éjectée via le tube.


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{Révisions}

1 révision

M97 , version 2 (2 janvier 2015)

Le feldscher tombe. Personne n’a d’oeil pour lui. Tu implantes la trachée synthétique. Elle ne respire pas, rien. C’est fini. Puis elle inspire. Crache des caillots par le tube.

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Le feldscher s’écroule sur le sol. Son corps
percutant le carrelage entre vos pieds forme
un son mat. Il a heurté quelque chose (c’est
sans importance, personne n’y fait attention
& c’est sans importance). Tu fiches tout ton
beau
scalpel dans la trachée avant d’y implanter introduir ,
soigneusement, le un tube à peine vomi du moule
de l’imprimante 3D. Il est parfaitement limé
pour adhérer à sa gorge à elle, Lidka . Lidka. On se
regarde avec aigreur. Le tube glisse mais il
ne se passe rien. L’air ne coule pas. Lidka,
sa peau recouverte de craie, est inerte. Une
seconde, 2 secondes... Le silence... Ça Ca pèse
une tonne & ça se tient sur vos épaules & ça
y plante & ses griffes & ses dents. Inspirer
& expirer, c’est là tout ce que vous pouvez,
vous au moins, faire. Tu ne peux rien. Tu as
envie de demander pardon à quelqu’un, mais à
qui ? Le visage de Lidka violacé, de pire en
pire à vue d’oeil. C’est fini. On dirait que
c’est au-delà de tout espoir. Elle est morte
& crevée. Mais alors, & c’est un déchirement
dans la poitrine. Mais alors, & ça t’attrape
par les yeux soudainement béants. Mais alors
que tout espoir s’amenuise, l’air est entré,
l’air est entré en sifflant dans la trachée,
Lidka sursaute. L’air est entré après qu’une
gerbe de caillots s’est éjectée via a été crachée par le tube.



Le feldscher tombe. Personne n’a d’oeil pour lui. Tu implantes la trachée synthétique. Elle ne respire pas, rien. C’est fini. Puis elle inspire. Crache des caillots par le tube.


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Notes


Cf. Récits d’un jeune médecin, « Un gosier en acier » (Livre de Poche), P. 42

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