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MC2

samedi 19 mars 2016, par Guillaume Vissac

Souam est poli, acquiesce. Mange des trucs
& éponge ses lèvres avec sa langue, écoute
pendant. Tu racontes à l’envers ou dans le
désordre l’histoire de Poliakov. Le soleil
rouge se lève. Souam a des cernes sous les
yeux. D’autres âmes matinales se pressent,
les tables en plastique plient. Souam : il
se fiche bien de Poliakov, au fond. Essaye
de changer de sujet maladroitement. Courbe
l’échine quand tu reviens sur lui, sur les
shots de morphine, sur l’addiction blanche
à la substance. Souam est mal à l’aise. Il
doit craindre qu’on croie qu’ils en sont à
parler de dopage. Les oreilles trainent au
sol, ça n’est pas bien vu de parler de ces
substances illicites en plein campement de
la Free Run™, surtout du côté de l’antenne
médicale. Donc, Souam tente plusieurs fois
de changer de sujet. Il dit, tu as vu Khan
hier soir, elle va bien ? Tu réponds, avec
les mains, quelque chose sans importance &
tu reviens encore à la morphine. Le soleil
rouge vire blanc. Bientôt la table blanche
en plastique se videra, te laissera seul &
fourbu dans la brise bleue des plaines. Un
premier contingent de runners a jailli des
tentes et commence à se faire vomir, en se
tenant chacun à l’épaule, dans la tranchée
creusée derrière le campement. Tu passeras
les voir l’esprit ailleurs & tu iras poser
une main sur les nuques pour les soutenir.
Ici, ils appliquent un programme rigoureux
pour réguler la sécrétion d’acide lactique
durant l’effort. À l’aube & avant le début
de chaque étape c’est le même rituel qu’on
enclenche : les athlètes vont vomir 1 ou 2
litres avant d’entamer l’entraînement. Les
étapes ne démarrent qu’après midi. Tu sens
monter les odeurs fauves en passant près &
tu cherches des yeux une silhouette, celle
qu’ici on appelle Khan. Pour l’heure, elle
n’est pas là. Sa tente est là-bas, près de
l’ombre d’une tente attenante. La Khan est
d’une autre espèce, tu penses à ça pensant
à elle, soudain : une athlète hors normes.


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{Révisions}

1 révision

MC2 , version 2 (19 mars 2016)

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Souam est poli, acquiesce écoute . Mange des trucs
&
éponge ses machins ,
s’essuie les lèvres avec sa la langue, écoute
pendant. Tu racontes à l’envers ou dans le
désordre l’histoire de Poliakov. Le soleil
rouge se lève. Souam a des cernes sous les
yeux. D’autres âmes matinales se pressent,
les tables en plastique plient. Souam : il
se fiche bien de Poliakov, au fond. Essaye
de changer de sujet maladroitement. Courbe
l’échine quand tu reviens sur lui, sur les
shots de morphine, sur l’addiction blanche
à la substance. Souam est mal à l’aise. Il
doit craindre qu’on croie croit qu’ils en sont à
parler de dopage doping . Les oreilles trainent au
sol, ça n’est pas bien vu de parler de ces
substances illicites en plein campement de
la Free Run™, surtout du côté de l’antenne
médicale. Donc, Souam tente plusieurs fois
de changer de sujet. Il dit, tu as vu Khan
hier soir, elle va bien ? Tu réponds, avec
les mains, quelque chose sans importance &
tu reviens encore à la morphine. Le soleil
rouge vire blanc. Bientôt la table blanche
en plastique se videra, te laissera seul &
fourbu dans la brise bleue des plaines pleines . Un
premier contingent de runners a jailli des
tentes et commence à se faire vomir, en se
tenant chacun à l’épaule, dans la tranchée
creusée derrière le campement. Tu passeras
les voir l’esprit ailleurs & tu iras poser
une main sur les nuques pour les soutenir.
Ici, ils appliquent un programme rigoureux
pour réguler la sécrétion d’acide lactique
durant l’effort. À l’aube & Chaque matin , avant le début
de chaque étape c’est le même rituel qu’on
enclenche : les athlètes vont vomir 1 ou 2
litres avant d’entamer l’entraînement. Les
étapes ne démarrent qu’après midi. Tu sens
monter les odeurs fauves en passant près &
tu cherches des yeux une silhouette, celle
qu’ici on appelle la Khan : pas encore . Pour l’heure, elle
n’est pas là.
Sa tente est là-bas, près de
l’ombre d’une tente attenante.
La Khan est
d’une autre espèce, tu penses à ça pensant
à elle, soudain : une athlète hors normes.

Tu racontes l’histoire de Poliakov à Souam, qui ne veut pas l’entendre. Il a peur du dopage. Les runners de la Free Run™ se font vomir avant l’étape du jour. Tu penses à Kahn (la Kahn), une athlète hors normes.



Tu racontes l’histoire de Poliakov à Souam, qui ne veut pas l’entendre. Il a peur du dopage. Les runners de la Free Run™ se font vomir avant l’étape du jour. Tu penses à Kahn (la Kahn), une athlète hors normes.


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Notes


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