Accueil > Morphine > Post-Morphine > MC7

MC7

dimanche 2 octobre 2016, par Guillaume Vissac

Une nuit à te pendre à ta propre sueur. Le
réveil brusque. L’œil cerné de lueurs & de
reflets obliques, comme des cristaux d’une
espèce de sel âcre qui te pousse à la peau
(comme on dirait d’une chose, par exemple,
qu’elle te pousse à la faute). Une image a
comme crevé la cosse du rêve. Cette image,
c’est un visage, ou plutôt non le souvenir
de Wim. Son visage. Il est très clair, son
visage. C’est lui, c’est sûr. On dort plus
ou moins paisiblement, chacun enroulé dans
le fil de sa tente & toi, cette nuit-là, à
la brisure des heures les plus brunes, les
plus froides, torse tout jeté, comme monté
sur ressorts, tu te retrouves ici, sur les
coudes durs, littéralement saisi par ça. À
la surface de la toile de tente érigée aux
extrémités rudes de tes bras, aucune ombre
ni souffle non plus. Tu tentes, gauche, de
reprendre pieds en toi. C’était bien Wim &
tu es trempé de tant d’eau que c’est lourd
(tu pèses lourd, tellement lourd, beaucoup
plus lourd que toi). Immobile, il avait le
visage qu’il avait à 20 ans quand tous les
2 vous partagiez une chambre à l’internat.
L’internat de la fac de médecine. & demain
tu iras chercher dans les réseaux, partout
où tu le peux, le nom de son nom. Lettre à
lettre son nom. Rien. Tu cherches dans les
bases académiques & rien. Tu cherches dans
les domaines médicaux, rien. Tu cherches à
la place de son nom quelques variations de
son nom, rien. Tu cherches chez les morts.
Rien. Les athlètes se préparent à courir &
ils passent devant toi sans te voir. Rien,
rien, rien. Tu es ému aux larmes de ce que
tu n’as pas trouvé... Il va s’en suivre la
pesée quotidienne des corps, des os, nerfs
& tissus musculaires & toi, tu noteras, en
ton âme & conscience, les chiffres les uns
après les autres, des données, des données
& des données, la matière que toi seul, le
doc assermenté des plaines & du relief, tu
as le droit d’enregistrer dans le fichier,
le fichier officiel de la Run™. À quoi bon
ce ne sont pas des mots que tu es censé te
dire, ça, à quoi bon. À défaut de les dire
ou de les murmurer entre 2 décimales, bon,
on peut dire que tu les penses, ces 3 mots
(& comme ils te pèsent, ces mots, ces mots
de rien du tout, ces faux mots). Une autre
tentative, peut-être, aller trifouiller au
flux des news radio, peut-être que son nom
sort, peut-être qu’un vague fait divers du
printemps dernier ou d’il y a 5, 6 ans que
sais-je. Mais non. Rien. Rien, aucun écho.
Ni mort ni vivant ni rien... Rien de rien.
Pas de nom, pas de trace, pas de quoi être
fixé sur son sort. Son sort. Tu as jusqu’à
mais oublié ce qui a bien pu se passer, tu
sais, la dernière fois que tu l’as vu ! Tu
as oublié quoi. C’était quand ? Où ? Où, à
la rigueur, tu peux le déduire. Mais quand
& pourquoi ? Comment ? Le dernier mot & le
dernier regard ? La dernière ombre portée,
les derniers gestes ? Comment as-tu pu toi
te porter responsable d’un crime aussi fou
& aussi terrible à l’égard de celui que tu
fus il y a à peine une vingtaine d’années,
hein ? Tu vois défiler les visages &, sous
les visages, les corps, sans une parole ni
un geste pour ceux qu’ils sont en ce temps
présent de l’immédiateté. Tout ton être se
doit d’être rivé sur la parole d’hier & de
jadis, sur ce temps passé là qui n’a plus,
là, maintenant, aucune prise sur ce monde.


<  - 
{Révisions}

6 révisions

MC7 , version 7 (24 octobre 2016)

Une nuit à te pendre à ta propre sueur. Le
réveil brusque. L’œil cerné de lueurs & de
reflets obliques, comme des cristaux d’une
espèce de sel âcre qui te pousse à la peau
(comme on dirait d’une chose, par exemple,
qu’elle te pousse à la faute). Une image a
comme crevé la cosse du rêve. Cette image,
c’est un visage, ou plutôt non le souvenir
de Wim. Son visage. Il est très clair, son
visage. C’est lui, c’est sûr. On dort plus
ou moins paisiblement, chacun enroulé dans
le fil de sa tente & toi, cette nuit-là, à
la brisure des heures les plus brunes, les
plus froides, torse tout jeté, comme monté
sur ressorts, tu te retrouves ici, sur les
coudes durs, littéralement saisi par ça. À
la surface de la toile de tente érigée aux
extrémités rudes de tes bras, aucune ombre
ni souffle non plus. Tu tentes, gauche, de
reprendre pieds en toi. C’était bien Wim &
tu es trempé de tant d’eau que c’est lourd
(tu pèses lourd, tellement lourd, beaucoup
plus lourd que toi). Immobile, il avait le
visage qu’il avait à 20 ans quand tous les
2 vous partagiez une chambre à l’internat.
L’internat de la fac de médecine. & demain
tu iras chercher dans les réseaux, partout
où tu le peux, le nom de son nom. Lettre à
lettre son nom. Rien. Tu cherches dans les
bases académiques & rien. Tu cherches dans
les domaines médicaux, rien. Tu cherches à
la place de son nom quelques variations de
son nom, rien. Tu cherches chez les morts.
Rien. Les athlètes se préparent à courir &
ils passent devant toi sans te voir. Rien,
rien, rien. Tu es ému aux larmes de ce que
tu n’as pas trouvé... Il va s’en suivre la
pesée quotidienne des corps, des os, nerfs
& tissus musculaires & toi, tu noteras, en
ton âme & conscience, les chiffres les uns
après les autres, des données, des données
& des données, la matière que toi seul, le
doc assermenté des plaines & du relief, tu
as le droit d’enregistrer dans le fichier,
le fichier officiel de la Run™. À quoi bon
ce ne sont pas des mots que tu es censé te
dire, ça, à quoi bon. À défaut de les dire
ou de les murmurer entre 2 décimales, bon,
on peut dire que tu les penses, ces 3 mots
(& comme ils te pèsent, ces mots, ces mots
de rien du tout, ces faux mots). Une autre
tentative, peut-être, aller trifouiller au
flux des news radio, peut-être que son nom
sort, peut-être qu’un vague fait divers du
printemps dernier ou d’il y a 5, 6 ans que
sais-je. Mais non. Rien. Rien, aucun écho.
Ni mort ni vivant ni rien... Rien de rien.
Pas de nom, pas de trace, pas de quoi être
fixé sur son sort. Son sort. Tu as jusqu’à
mais oublié ce qui a bien pu se passer, tu
sais, la dernière fois que tu l’as vu ! Tu
as oublié quoi. C’était quand ? Où ? Où, à
la rigueur, tu peux le déduire. Mais quand
& pourquoi ? Comment ? Le dernier mot & le
dernier regard ? La dernière ombre portée,
les derniers gestes ? Comment as-tu pu toi
te porter responsable d’un crime aussi fou
& aussi terrible à l’égard de celui que tu
fus il y a à peine une vingtaine d’années,
hein ? Tu vois défiler les visages &, sous
les visages, les corps, sans une parole ni
un geste pour ceux qu’ils sont en ce temps
présent de l’immédiateté. Tout ton être se
doit d’être rivé sur la parole d’hier & de
jadis, sur ce temps passé là qui n’a plus,
là, maintenant, aucune prise sur ce le monde.

MC7 , version 6 (2 octobre 2016)

Réveil en sursaut une nuit : tu te souviens de Wim. Qu’est-il devenu ? Tu le cherches partout & dans tous les réseaux mais rien. Ni mort ni vivant. Tu es hanté par cette absence d’écho.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Une nuit à te pendre à ta propre sueur. Le
réveil brusque. L’œil cerné de lueurs & de
reflets obliques, comme des cristaux d’une
espèce de sel âcre qui te pousse à la peau
(comme on dirait d’une chose, par exemple,
qu’elle te pousse à la faute). Une image a
comme crevé la cosse du rêve. Cette image,
c’est un visage, ou plutôt non le souvenir
de Wim. Son visage. Il est très clair, son
visage. C’est lui, c’est sûr. On dort plus
ou moins paisiblement, chacun enroulé dans
le fil de sa tente & toi, cette nuit-là, à
la brisure des heures les plus brunes, les
plus froides, torse tout jeté, comme monté
sur ressorts, tu te retrouves ici, sur les
coudes durs, littéralement saisi par ça. À
la surface de la toile de tente érigée aux
extrémités rudes de tes bras, aucune ombre
ni souffle non plus. Tu tentes, gauche, de
reprendre pieds en toi. C’était bien Wim &
tu es trempé de tant d’eau que c’est lourd
(tu pèses lourd, tellement lourd, beaucoup
plus lourd que toi). Immobile, il avait le
visage qu’il avait à 20 ans quand tous les
2 vous partagiez une chambre à l’internat.
L’internat de la fac de médecine. & demain
tu iras chercher dans les réseaux, partout
où tu le peux, le nom de son nom. Lettre à
lettre son nom. Rien. Tu cherches dans les
bases académiques & rien. Tu cherches dans
les domaines médicaux, rien. Tu cherches à
la place de son nom quelques variations de
son nom, rien. Tu cherches chez les morts.
Rien. Les athlètes se préparent à courir &
ils passent devant toi sans te voir. Rien,
rien, rien. Tu es ému aux larmes de ce que
tu n’as pas trouvé... Il va s’en suivre la
pesée quotidienne des corps, des os, nerfs
& tissus musculaires & toi, tu noteras, en
ton âme & conscience, les chiffres les uns
après les autres, des données, des données
& des données, la matière que toi seul, le
doc assermenté des plaines & du relief, tu
as le droit d’enregistrer dans le fichier,
le fichier officiel de la Run™. À quoi bon
ce ne sont pas des mots que tu es censé te
dire, ça, à quoi bon. À défaut de les dire
ou de les murmurer entre 2 décimales, bon,
on peut dire que tu les penses, ces 3 mots
(& comme ils te pèsent, ces mots, ces mots
de rien du tout, ces faux mots). Une autre
tentative, peut-être, aller trifouiller au
flux des news radio, peut-être que son nom
sort, peut-être qu’un vague fait divers du
printemps dernier ou d’il y a 5, 6 ans que
sais-je. Mais non. Rien. Rien, aucun écho.
Ni mort ni vivant ni rien... Rien de rien.
Pas de nom, pas de trace, pas de quoi être
fixé sur son sort. Son sort. Tu as jusqu’à
mais oublié ce qui a bien pu se passer, tu
sais, la dernière fois que tu l’as vu ! Tu
as oublié quoi. C’était quand ? Où ? Où, à
la rigueur, tu peux le déduire. Mais quand
& pourquoi ? Comment ? Le dernier mot & le
dernier regard ? La dernière ombre portée,
les derniers gestes ? Comment as-tu pu toi
te porter responsable d’un crime aussi fou
& aussi terrible à l’égard de celui que tu
fus il y a à peine une vingtaine d’années,
hein ? Tu vois défiler les visages &, sous
les visages, les corps, sans une parole ni
un geste pour ceux qu’ils sont en ce temps
présent de l’immédiateté. Tout ton être se
doit d’être rivé sur la parole d’hier & de
jadis, sur ce temps passé là qui n’a plus,
là, maintenant, aucune prise sur le monde.

MC7 , version 5 (1er octobre 2016)

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Une nuit à te pendre à ta propre sueur.
Le
réveil brusque.
L’œil °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Une nuit à te pendre à ta propre sueur , le
réveil brusque , l’œil cerné de lueurs & de
reflets obliques, comme des cristaux d’une
espèce de sel âcre qui te pousse à la peau
(comme on dirait d’une chose, par exemple,
qu’elle te pousse à la faute). Une image a
comme crevé la cosse du rêve.
Cette image ,
c’est un visage , ou plutôt non le Le souvenir
de Wim. Son Son visage. Il est très clair, son
visage. C’est lui, c’est sûr. On dort plus
ou moins paisiblement, chacun enroulé dans
le fil de sa tente & toi, cette nuit-là, à
la brisure des heures les plus brunes, les
plus froides, torse tout jeté, comme monté
sur ressorts ressort , tu te retrouves ici , sur les
coudes durs , littéralement saisi par ça. À
la surface de la toile de tente érigée aux
extrémités rudes raides de tes bras, aucune nulle ombre
ni souffle non plus. Tu tentes, gauche, de
reprendre pieds en toi. C’était bien Wim &
tu es trempé de tant d’eau que c’est lourd
(tu pèses lourd , tellement lourd , beaucoup
plus lourd que toi). Immobile , il Il avait le
visage qu’il avait à 20 ans quand tous les
2 vous partagiez une chambre à l’internat.
L’internat de la fac de médecine. & demain
tu iras chercher dans les réseaux, partout
où tu le peux, le nom de son nom. Lettre à
lettre son nom. Rien. Tu cherches dans les
bases académiques & rien. Tu cherches dans
les domaines médicaux, rien. Tu cherches à
la place de son nom quelques variations de
son nom, rien. Tu cherches chez les morts.
Rien. Les athlètes se préparent à courir &
ils passent devant toi sans te voir. Rien,
rien, rien. Tu es ému aux larmes de ce que
tu n’as pas trouvé... Il va s’en suivre la
pesée des corps & des yeux.
Il va s’en suivre la
pesée quotidienne des corps , des os , nerfs
&
tissus musculaires & toi , tu Tu noteras, en
ton âme & conscience, les chiffres les uns
après les autres, des données, des données
& des données, la matière que toi seul, le
doc assermenté des plaines & du relief, tu
as le droit d’enregistrer dans le fichier,
le fichier officiel de la Run™. À quoi bon
ce ne sont pas des mots que tu es censé te
dire, ça, à quoi bon. À défaut de les dire
ou de les murmurer entre 2 décimales, bon,
on peut dire que tu les penses, ces 3 mots
(&
comme ils te pèsent , ces mots , ces mots
de rien du tout, ces faux mots ( ils te pèsent ). Une autre
tentative, peut-être, aller trifouiller au
flux des news radio, peut-être que son nom
sort, peut-être qu’un vague fait divers du
printemps dernier ou d’il y a 5, 6 ans que
sais-je. Mais non. Rien. Rien, aucun écho.
Ni mort ni vivant ni rien... Rien de rien.
Pas de nom, pas de trace, pas de quoi être
fixé sur son sort. Son sort. Tu as jusqu’à
mais oublié ce qui a bien pu se passer, tu
sais, la dernière fois que tu l’as vu ! Tu
as oublié quoi. C’était quand ? Où ? Où, à
la rigueur, tu peux le déduire. Mais quand
& pourquoi ? Comment ? Le dernier mot & le
dernier regard ? La dernière ombre portée,
les derniers gestes ? Comment as-tu pu toi
te porter responsable d’un crime aussi fou
& aussi terrible à l’égard de celui que tu
fus il y a à peine une vingtaine d’années,
hein ? Tu vois défiler les visages &, sous
les visages, les corps, sans une parole ni
un geste pour ceux qu’ils sont en ce temps
présent de l’immédiateté. Tout ton être se
doit d’être rivé sur la parole d’hier & de
jadis, sur ce temps passé là qui n’a plus,
là, maintenant, aucune prise sur le monde.

MC7 , version 4 (30 septembre 2016)

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Une nuit à te pendre à ta propre sueur, le
réveil brusque, l’œil cerné de lueurs & de
reflets obliques, comme des cristaux d’une
espèce de sel âcre qui te pousse à la peau
(comme on dirait d’une chose, par exemple,
qu’elle te pousse à la faute). ), le souvenir
de Wim . Le souvenir
de Wim.
Son visage. Il est très clair, son
visage. C’est lui, c’est sûr. On dort plus
ou moins paisiblement, chacun enroulé dans
le fil de sa tente & toi, cette nuit-là, à
la brisure des heures les plus brunes, les
plus froides, torse tout ton thorax jeté, comme monté
sur ressort, littéralement saisi par ça. À
la surface de la toile de tente érigée aux
extrémités raides de tes bras, nulle ombre
ni souffle non plus. Tu tentes, gauche, de
reprendre pieds en toi. C’était bien Wim &
tu es trempé de tant d’eau que c’est lourd
(tu pèses plus lourd que toi). Il avait le
visage qu’il avait à 20 ans quand tous les
2 vous partagiez une chambre à l’internat ,
l’internatde la fac de médecine .
L’internat de la fac de médecine. & demain
tu iras chercher dans les réseaux, partout
où tu le peux, le nom de son nom. Lettre à
lettre son nom. Rien. Tu cherches dans les
bases académiques & rien. Tu cherches dans
les domaines médicaux, rien. Tu cherches à
la place de son nom quelques variations de
son nom, rien. Tu cherches chez les morts.
Rien. Les athlètes se préparent à courir &
ils passent devant toi sans te voir. Rien,
rien, rien. Tu es ému aux larmes de ce que
tu n’as pas trouvé... Il va s’en suivre la
pesée des corps & des yeux. Tu noteras, en
ton âme & conscience, les chiffres les uns
après les autres, des données, des données
& des données, la matière que toi seul, le
doc assermenté des plaines & du relief, tu
as le droit d’enregistrer dans le fichier,
le fichier officiel de la Run™. À quoi bon
ce ne sont pas des mots que tu es censé te
dire, ça, à quoi bon. À défaut de les dire
ou de les murmurer entre 2 décimales, bon,
on peut dire que tu les penses, ces 3 mots
de rien du tout (ils te pèsent). Une autre
tentative, peut-être, aller trifouiller au
flux des news radio, peut-être que son nom
sort, peut-être qu’un vague fait divers du
printemps dernier ou d’il y a 5, 6 ans que
sais-je. Mais non. Rien. Rien, aucun écho.
Ni mort ni vivant ni rien... Rien de rien.
Pas de nom, pas de trace, pas de quoi être
fixé sur son sort. Son sort. Tu as jusqu’à
mais oublié ce qui a bien pu se passer, tu
sais, la dernière fois que tu l’as vu ! Tu
as oublié quoi. C’était quand ? Où ? Où, à
la rigueur, tu peux le déduire. Mais quand
& pourquoi ? Comment ? Le dernier mot & le
dernier regard ? La dernière ombre portée,
les derniers gestes ? Comment as-tu pu toi
te porter responsable d’un crime aussi fou
& aussi terrible à l’égard de celui que tu
fus il y a à peine une vingtaine d’années,
hein ? Tu vois défiler les visages &, sous
les visages, les corps, sans une parole ni
un geste pour ceux qu’ils sont en ce temps
présent de l’immédiateté. Tout ton être se
doit d’être rivé sur la parole d’hier & de
jadis, sur ce temps passé là qui n’a plus,
là, maintenant, aucune prise sur le monde.

MC7 , version 3 (25 septembre 2016)

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Une nuit à te pendre à ta propre sueur, le
réveil brusque, l’œil cerné de lueurs & de
reflets obliques, comme des cristaux d’une
espèce de sel âcre qui te pousse à la peau
(comme on dirait d’une chose, par exemple,
qu’elle te pousse à la faute), le souvenir
de Wim. Son visage. Il est très clair, son
visage. C’est lui, c’est sûr. On dort plus
ou moins paisiblement, chacun enroulé dans
le fil de sa tente & toi, cette nuit-là, à
la brisure des heures les plus brunes, les
plus froides, ton thorax jeté, comme monté
sur ressort, littéralement saisi par ça. À
la surface de la toile de tente érigée aux
extrémités raides de tes bras, nulle ombre
ni
&
aucun souffle non plus . ... Tu tentes, gauche , par 3 fois de
reprendre pieds en toi. C’était bien Wim &
tu es trempé de tant d’eau que c’est lourd
(tu pèses plus lourd que toi). Il avait le
visage qu’il avait à 20 ans quand tous les
2 vous partagiez une chambre à l’internat,
l’internat de la fac de médecine. & demain
tu iras chercher dans les réseaux, partout
où tu le peux, le nom de son nom. Lettre à
lettre son nom. Rien. Tu cherches dans les
bases académiques & rien. Tu cherches dans
les domaines médicaux, rien. Tu cherches à
la place de son nom quelques variations de
son nom, rien. Tu cherches chez les morts.
Rien. Les athlètes se préparent à courir &
ils passent devant toi sans te voir. Rien,
rien, rien. Tu es ému aux larmes de ce que
tu n’as pas trouvé... Il va s’en suivre la
pesée des corps & des yeux.
Tu Il va s’en suivre la
pesée des corps & des âmes , du noteras, en
ton âme & conscience, les chiffres les uns
après les autres, des données, des données
& des données, la matière que toi seul, le
doc assermenté des plaines & du relief, tu
as le droit d’enregistrer dans le fichier,
le fichier officiel de la Run™. À quoi bon
ce ne sont pas des mots que tu es censé te
dire, ça, à quoi bon. À défaut de les dire
ou de les murmurer entre 2 décimales, bon,
on peut dire que tu les penses, ces 3 mots
de rien du tout ( ils qui te pèsent). ... Une autre
tentative, peut-être, aller trifouiller au
flux des news radio, peut-être que son nom
sort, peut-être qu’un vague fait divers du
printemps dernier ou d’il y a 5, 6 ans que
sais-je. Mais non. Rien. Rien, aucun écho.
Ni mort ni vivant ni rien rien... de tout ça .
Rien de rien.
Pas de nom, pas de trace, pas de quoi être
fixé sur son sort. Son sort. Tu as jusqu’à
mais oublié ce qui a bien pu se passer, tu
sais, la dernière fois que tu l’as vu ! Tu
as oublié quoi. C’était quand ? Où ? Où, à
la rigueur, tu peux le déduire. Mais quand
& pourquoi ? Comment ? Le dernier mot & le
dernier regard ? La dernière ombre portée,
les derniers gestes ? Comment as-tu pu toi
te porter responsable d’un crime aussi fou
& aussi terrible à l’égard de celui que tu
fus il y a à peine une vingtaine d’années,
hein ? Tu vois défiler les visages &, sous
les visages, les corps, sans une parole ni
un geste pour ceux qu’ils sont en ce temps
présent de l’immédiateté. Tout ton être se
doit d’être rivé sur la parole d’hier & de
jadis, sur ce temps passé là qui n’a plus,
là, maintenant, aucune prise sur le monde.

MC7 , version 2 (24 septembre 2016)

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Une nuit à te pendre à ta propre sueur, le
réveil brusque, l’œil cerné de lueurs & de
reflets obliques, comme des cristaux d’une
espèce de sel âcre qui te pousse à la peau
(comme on dirait d’une chose, par exemple,
qu’elle te pousse pousse à la faute), ), le souvenir
de Wim. Son visage. Il est très clair, son
visage. C’est lui, c’est sûr. On dort plus
ou moins paisiblement, chacun enroulé dans
le fil de sa tente & toi, cette nuit-là, à
la brisure des heures les plus brunes , froides ou les
plus froides brunes , ton thorax jeté le buste projeté , comme monté
sur ressort, littéralement saisi par ça. À
la surface de la toile de tente érigée aux
extrémités raides de tes bras, nulle ombre
& aucun nul souffle... . Tu tentes par 3 plusieurs fois de
reprendre pieds en toi. C’était bien Wim &
tu es trempé de tant d’eau que c’est lourd
(tu pèses plus lourd que toi). Il avait le
visage qu’il avait à 20 ans quand tous les
2 vous partagiez une chambre à l’internat,
l’internat de la fac de médecine. & demain
tu iras chercher dans les réseaux, partout
où tu le peux, le nom de son nom. Lettre à
lettre son nom. Rien. Tu cherches dans les
bases académiques & rien. Tu cherches dans
les domaines médicaux, rien. Tu cherches à
la place de son nom quelques dans des variations de
son nom, rien. Tu cherches chez les morts.
Rien. Les athlètes se préparent à courir &
ils passent devant toi sans te voir. Rien,
rien, rien.
Tu es ému aux larmes de ce que
tu n’as pas trouvé...
Il va s’en suivre la
pesée des corps & des âmes, du noteras, en
ton âme & conscience, les chiffres les uns
après les autres, des données, des données
& des données, la matière que toi seul, le
doc assermenté des plaines & du relief, tu
as le droit d’enregistrer dans le fichier,
le fichier officiel de la Run™.
À quoi bon
ce ne sont pas des mots que tu es censé te
dire, ça, à quoi bon.
À défaut de les dire
ou de les murmurer entre 2 décimales, bon,
on peut dire que tu les penses, ces 3 mots
de rien du tout qui te pèsent...
Une autre
tentative, peut-être, aller trifouiller au
flux des news radio, peut-être que son nom
sort, peut-être qu’un vague fait divers du
printemps dernier ou d’il y a 5, 6 ans que
sais-je.
Mais non. Rien. Rien, aucun écho.
Ni mort ni vivant ni rien rien de tout ça.
Pas de nom, pas de trace, pas de quoi être
fixé sur son sort.
Son sort. Tu as jusqu’à
mais oublié ce qui a bien pu se passer, tu
sais, la dernière fois que tu l’as vu !
Tu
as oublié quoi.
C’était quand ? Où ? Où, à
la rigueur, tu peux le déduire.
Mais quand
& pourquoi ?
Comment ? Le dernier mot & le
dernier regard ?
La dernière ombre portée,
les derniers gestes ?
Comment as-tu pu toi
te porter responsable d’un crime aussi fou
& aussi terrible à l’égard de celui que tu
fus il y a à peine une vingtaine d’années,
hein ?
Tu vois défiler les visages &, sous
les visages, les corps, sans une parole ni
un geste pour ceux qu’ils sont en ce temps
présent de l’immédiateté.
Tout ton être se
doit d’être rivé sur la parole d’hier & de
jadis, sur ce temps passé là qui n’a plus,
là, maintenant, aucune prise sur le monde.



Réveil en sursaut une nuit : tu te souviens de Wim. Qu’est-il devenu ? Tu le cherches partout & dans tous les réseaux mais rien. Ni mort ni vivant. Tu es hanté par cette absence d’écho.


°

Notes


°